Coronavirus : news et fake news

Nota : si vous en avez marre de l’info sur ce virus, mieux vaut passer votre chemin. En revanche, si vous êtes preneur d’informations, cela peut vous intéresser. 😉

6 semaines de confinement. Moi-même, je n’aurais pas imaginé il y a quelques mois que le phénomène prendrait autant d’ampleur à distance de la Chine. Je faisais partie de ceux qui pensaient que les cas allaient se tarir et qu’avec le printemps on n’en parlerait plus.

Je dirais presque « déjà » 6 semaines de confinement. Si les débuts ont été particuliers, ici nous avons fini par trouver une certaine routine à laquelle nous ne nous sommes pas trop mal adaptés (bien que vivant en région parisienne en appartement de 45 m2). Nous n’attendons même pas la date du 11 mai avec impatience, car excepté la perspective de pouvoir sortir plus librement sans attestation (depuis le début du confinement, à part une sortie hebdomadaire pour courses alimentaires et une sortie le week-end à l’aube pour prendre l’air, nous restons sagement confinés, le meilleur moyen de contribuer à notre niveau au soutien des soignants qui sont mis à l’épreuve depuis plusieurs semaines), nous avons conscience que cela ne changera pas forcément grand-chose à nos comportements dans l’immédiat. Il est clair que nous n’allons pas nous précipiter pour prendre des bains de foule, éviterons tout déplacement en milieu confiné (magasin ou autre) inutile, proscrirons dans l’immédiat dans la mesure du possible la fréquentation des transports en commun. Le télétravail devrait se poursuivre tout le mois de mai, voire en juin. Concernant les consultations, même après le 11 mai, je privilégierai si possible les consultations à distance, voire les consultations à domicile, ce pour éviter aux consultants de devoir venir au cabinet partagé avec d’autres thérapeutes (même si une organisation spécifique et des précautions maximales seront prises avec la reprise de l’activité des kinésithérapeutes la semaine prochaine, ceux-ci recevant habituellement des patients toutes les demi-heures).

Garder du recul face aux informations

Les informations qui circulent au sujet de ce virus sont nombreuses. Certaines sérieuses d’autres moins. Certaines également sérieuses mais que viennent finalement contredire de nouvelles données 10 jours plus tard. Car si une chose est sûre, c’est que bien que ce virus ait été séquencé depuis un moment déjà, on en découvre tous les jours sur son comportement et son épidémiologie (ceci est à souligner car cela peut aussi permettre de comprendre pourquoi les discours de santé peuvent évoluer au fur et à mesure). Même si toutes les décisions prises peuvent être contestables (le maintien du premier tour des élections par exemple, la réouverture progressive des écoles à partir de mi-mai alors même que l’année scolaire est quasiment finie… mais bon, je vais me cantonner aux aspects scientifiques, ne maîtrisant en rien les aspects politiques 😛

On voit d’ailleurs que tous les pays tâtonnent et naviguent à vue, et que la plupart n’ont même pas tiré enseignement des déboires de leurs voisins (la décision de confinement tardive de certains pays européens par exemple, alors même que la situation était déjà bien dramatique en Italie. Au Royaume-Uni, il aura peut-être fallu que le premier ministre soit touché et bien secoué pour qu’il prenne vraiment la situation au sérieux. Sans compter des causes perdues comme les Etats-Unis où des décisions hallucinantes sont prises, où les gens manifestent considérant le confinement comme une atteinte à leurs libertés individuelles, et où le « président » lui-même (ca me pique un peu la bouche d’utiliser ce mot tellement ce gars n’est pas digne de ses fonctions) appelait mi-avril « à la révolte  contre le confinement » alors que le pays était devenu le premier foyer mondial et connaissait une hécatombe quotidienne (mais c’est vrai, j’ai dit que je ne parlais pas de politique 😛

Alors revenons en à la science, ce qui est finalement bien plus intéressant !

Des cibles bien plus variées que le système respiratoire

Alors que l’on pensait auparavant que le virus s’attaquait essentiellement au système pulmonaire, avec notamment des pneumonies, on constate aujourd’hui avec plus de recul qu’il semble s’attaquer à beaucoup d’autres organes que les poumons : cœur, vaisseaux, peau, système digestif… On reporte aussi des atteintes neurologiques, caractérisées par de la confusion ou encore des vertiges. Le personnel de réanimation évoque aussi souvent une désorientation des patients en sortie de réanimation. Mais s’agit-il d’un effet direct du virus ? ou la conséquence d’une oxygénation moindre du cerveau, puisque l’une des conséquences de l’infection est la baisse du taux de saturation en oxygène des globules rouges (chargés justement de véhiculer l’oxygène dans l’organisme) ?  (C’est ce même manque d’oxygénation qui peut causer des dommages irréversibles au cerveau lors d’un AVC par exemple). Une étude réalisée en Chine sur plus de 200 sujets positifs décrivait plus d’un tiers des patients avec des symptômes neurologiques : étourdissements, maux de tête, altération de la conscience mais aussi accident vasculaire, convulsions…

Une autre étude publiée fin mars dans la revue Radiology décrit UN cas aux Etats-Unis de patient avec des lésions neuropathologiques (Encéphalopathie nécrosante aiguë).

De façon générale, le virus entraînerait une atteinte inflammatoire des vaisseaux sanguins et capillaires. La vascularisation des tissus (de même que la vascularisation pulmonaire) est altérée. Ce qui explique que parfois malgré l’intubation des patients, le taux d’oxygénation a du mal à remonter. L’oxygène est apporté dans les poumons, mais il ne passe pas correctement dans le sang.

Début avril, le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV)  a également alerté sur des manifestations cutanées potentiellement associées au virus : il s’agissait de pseudo-engelures aux extrémités (acrosyndromes), d’une apparition subite de rougeurs persistantes parfois douloureuses, et de lésions d’urticaire passagère. Ces manifestations n’étaient pas forcément associées à d’autres manifestations connues du virus.

Concernant l’infection toujours, les hommes semblent plus à risque que les femmes, même si on ignore si cela est lié à une susceptibilité au virus différente ou à une différence de comportement entre les deux sexes (comportements à risque, hygiène de vie différente…).

Durée de contagion ?

On ignore encore combien de temps après la disparition des symptômes on est encore potentiellement contagieux (on ne sait pas combien de temps le virus est détectable chez une personne qui n’est plus malade). Le Haut Conseil de la Santé Publique conseille de porter un masque pendant au moins 7 jours après la disparition de tout symptôme, mais cela paraît presque peu. Il est donc recommandé de rester vigilant pendant un bon moment, que ce soit vis-à-vis de l’entourage ou de la reprise des interactions sociales.

Le sujet des enfants

Depuis le début de l’épidémie, les enfants et adolescents, à quelques exceptions près, semblent relativement peu touchés. On évoque une infection virale « pauci-symptomatique », c’est-à-dire avec des symptômes très peu marqués qui peuvent passer inaperçus.

Là où les avis divergent, c’est concernant le niveau de contagiosité des enfants. Certains craignent que les enfants ne véhiculent le virus facilement (ce qui va à l’encontre de l’idée de remettre à l’école des millions d’élèves dès le mois de mai avec le spectre d’une épidémie silencieuse), alors que certains évoquent le fait que les enfants, s’ils contractent le virus, sont plutôt généralement contaminés par l’un de leur proche, mais relaient peu le virus eux-mêmes. On prend souvent l’exemple de l’enfant de 9 ans qui avait contracté le Covid-19 en Haute-Savoie (l’un des premiers foyers, initié par un anglais revenant d’Asie) et qui n’avait a priori transmis le virus à personne (il aurait pourtant été en contact avec 172 personnes au total dont 112 élèves et professeurs). Au final, l’enfant n’avait contaminé personne, pas même les deux autres enfants de sa fratrie. L’une des hypothèses serait que cela est dû au fait que les enfants présentent une faible charge virale, et sont donc peu contaminants. Mais là encore, cela reste une hypothèse et rien n’est véritablement prouvé (donc peut-être attendre avant de donner les enfants à garder aux grands-parents ? 😉

En revanche, vous avez peut-être vu passer ces derniers jours divers articles alertant sur une « nouvelle maladie » touchant les enfants et potentiellement liée à ce virus, après qu’un certain nombre de cas aient été déclarés en Angleterre et en France. Ces enfants présentaient des atteintes inflammatoires proches d’une maladie appelée la maladie de Kawasaki (à noter que tous ne ressortaient pas positifs au test du Covid-19).  Les symptômes de cette maladie : éruption cutanée, gonflement des ganglions du cou, irritation et rougeur des blancs des yeux, de la bouche, de la langue, des lèvres et de la gorge, gonflement des mains et des pieds. Les complications sont des atteintes cardiaques.  Un lien est suspecté entre les deux mais rien n’est vraiment confirmé. L’une des hypothèses (qui parait très plausible même si cela reste une hypothèse) est que la maladie de Kawasaki étant une réaction inflammatoire post-infectieuse, cela pourrait être une conséquence du contact préalable de ces enfants avec le virus. Ce ne serait donc pas une « nouvelle » maladie mystérieuse ne touchant que les enfants comme certains médias le laissent entendre.

Est-ce que le fait d’avoir contracté le virus me prémunit de toute atteinte par la suite ?

On pensait au départ que, partant du fait qu’une personne avait contracté le virus et développé des anticorps contre ce même virus, elle était ensuite immunisée contre le virus (sur le même principe que si vous avez eu la varicelle petit, vous ne pourrez plus contracter le virus une nouvelle fois car vous avez développé des anticorps à son encontre. C’est aussi le principe du vaccin (à lire/relire ici), on injecte un petit fragment du virus ou le virus inactivé, votre système immunitaire réagit et produit des anticorps vis-à-vis de ce virus, ce qui vous protège par la suite contre une infection par ce même virus. C’est aussi sur ce postulat que beaucoup de pays misaient au départ sur l’immunité de groupe (l’idée était que lorsque suffisamment de personnes auraient été en contact avec le virus et donc auraient développé des anticorps, l’épidémie s’arrêterait d’elle-même car le virus ne trouverait plus d’hôte chez lequel se développer). Avant de se rendre compte que cette approche n’étaient pas envisageable et qu’il était nécessaire de freiner l’épidémie par d’autres moyens (d’où le confinement). Aujourd’hui on se demande même si le taux d’anticorps résiduel post-infection serait suffisant pour préserver d’une ré-infection. Et combien de temps cet effet protecteur subsisterait. Et là encore pour l’instant, rien n’est sûr. En Corée du Sud par exemple, une centaine de cas de « ré-infections » ont été signalés (patients positifs, puis devenus négatifs, avant d’être re-testés positifs un peu plus tard. Alors tout d’abord il y a l’hypothèse de tests faux-négatifs (il s’agissait de tests PCR , qui sont faits sur prélèvement dans les fosses nasales, or, on a déjà signalé des tests PCR négatifs alors que les examens des poumons montraient clairement l’infection, cela dépend donc de l’endroit où le virus s’est logé et la qualité du prélèvement). Certains penchent plus aussi pour une réactivation du virus (soit en dormance, soit devenu indétectable un temps, avant de se réactiver et recauser des symptômes… il pourrait donc s’agir d’une rechute plutôt qu’une réinfection). Mais là encore cela reste des hypothèses.

Quid du traitement proposé par le Pr Raoult ?

On en arrive à un traitement potentiel, et le sujet du fameux Pr Raoult (je ne partirai pas dans les polémiques qui foisonnent « c’est un complot des labos, on ne veut pas dire que ce traitement est efficace car il est peu coûteux »).

Ce professeur de l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille préconise l’usage de la chloroquine (un anti-paludéen à la base) associée à un antibiotique pour traiter les patients touchés par le Covid-19. Une première « étude » dévoilée mi-mars sur 24 patients testés positifs au Covid-19 faisait état de la guérison de trois quarts des patients au bout de six jours. Fin mars, d’autres résultats ont été mis en avant sur un échantillon de personnes plus important cette fois (80 patients, dont 50% âgés de moins de 52 ans) ayant pris une association d’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine) et un antibiotique pulmonaire (azithromycine). Il y aurait eu « une évolution favorable » pour 65 patients (81%), 12 autres ont été mis sous oxygénothérapie (soit 15%), 3 ont été admis en soins intensifs et un autre âgé est décédé (5%).

Faisant fi des critiques, Raoult a publié une étude sur un échantillon encore plus important (1061 personnes), ce qui n’a toujours pas réussi à convaincre, car il existerait un certain nombre de biais dans la sélection des sujets de l’étude (des patients majoritairement jeunes, avec des symptômes peu graves par exemple. Sur les 3000 initiaux, seuls 1061 ont été retenus au final, on ignore pourquoi et sur quels critères…). Etc. Pour plus d’infos 

Alors pourquoi ces « études » ont été contestées ? Déjà tout simplement car pour que les résultats d’une étude soient correctement interprétables, il faut un groupe témoin (c’est-à-dire qui n’a pas reçu le traitement, afin de comparer si les résultats obtenus sont dus au hasard, ou véritablement au traitement). Toutes les études cliniques sont réalisées de la sorte contre placebo (témoin contrôle). Il faut aussi que les sujets soient choisis de façon bien précise pour éviter tout biais (sexe, âge, prédispositions, etc…). Je fais des raccourcis, mais en bref, une étude clinique c’est compliqué et ça ne s’improvise pas. Bon, l’inconvénient, et à sa décharge, c’est qu’une étude clinique en bonne et due forme, cela prend du temps, et que du temps, on n’en a pas trop. Donc je peux comprendre que l’on souhaite rapidement trouver des solutions. Mais cela peut aussi être à risque pour le patient (imaginez qu’une personne bénéficie de ce traitement et ait une évolution défavorable, sa famille pourrait aussi penser qu’il a servi de cobaye et crier au scandale. C’est donc à double tranchant). Sans compter que l’on a depuis recensé un certain nombre d’effets secondaires cardiaques graves.

Personnellement je n’ai pas trop d’avis sur le sujet. Juste à signaler que les antibiotiques n’ont d’effet que sur les bactéries et non les virus (rappelle-toi, les antibiotiques c’est pas automatique !). On peut donc s’interroger sur la légitimité d’un antibiotique dans le cas présent. Cet antibiotique aurait montré une activité sur certains virus in vitro (donc pas dans le corps humain) mais on ignore s’il a véritablement une action sur le présent virus in vivo chez l’homme.

L’efficacité de ce traitement reste donc encore floue, et mériterait d’être explorée de façon plus carrée.

Reste que sur la base ce ces informations certains ont eu l’idée de s’auto-médiquer et de prendre de la chloroquine avec des symptômes qui restaient parfois modestes. Une collègue thérapeute me relatait que son mari travaillant en réanimation en région parisienne avait reçu un jeune homme d’une trentaine d’années, parfaite santé auparavant, bon sportif, ayant fait un arrêt cardiaque car il avait décidé de prendre de la chloroquine dans son coin. Attention donc. D’une part, on a encore peu de recul sur les effets de ce médicament DANS CE CAS PRECIS (ce n’est pas parce que c’est un médicament déjà très utilisé par ailleurs à d’autres fins, comme anti-paludéen (donc efficace sur le Plasmodium, parasite responsable du paludisme), qu’il est forcément adapté ou anodin ici. Donc s’il vous reste un fond de boîte de médicament anti-palu (la chloroquine est trouvée dans les médicaments Nivaquine et Savarine), évitez de les prendre en auto-médication.

A noter que pour l’heure, à part quelques pistes, il n’existe pas de traitement efficace du virus, même si tout le monde est sur le pont.

En France, dans la catégorie des essais plus rigoureux, on peut mentionner celui-ci mené par l’APHP chez des personnes atteintes de formes sévères, sur un immunosuppresseur (qui vise à diminuer l’orage de cytokines qui cause la gravité de l’infection).

Un autre essai clinique est aussi en cours depuis fin mars à Lyon  (cet essai inclut d’ailleurs l’hydroxychloquine, ce qui permettra d’être fixé sur l’efficacité de cette molécule).

Et si la gravité de l’infection n’était pas due au virus mais à une bactérie ?

Une information circule aussi depuis une petite semaine, selon laquelle ce serait finalement une bactérie (du genre Prevotella), présente dans l’intestin, qui ayant été infectée par le virus, serait à l’origine de la gravité de l’infection. Je romps le suspens de suite, cette théorie ne tient pas la route. Tout simplement car un virus (sauf à être un bactériophage) ne peut infecter une bactérie.

Un bactériophage, ça ressemble à ça :

Bacteriophage2Son matériel génétique (le plus souvent (95%) de l’ADN mais il existe aussi quelques phages à ARN) est contenu dans la tête. Un phage peut infecter une bactérie uniquement car il a tout le matériel pour se fixer à la bactérie puis lui injecter son ADN (ou ARN). Je ne sais pas pour vous, mais ça m’a toujours fait penser à un petit robot spatial. Et bien imaginez que ce petit robot spatial atterrit, se fixe et injecte son matériel génétique à la bactérie.

research.pasteur.fr_group-laurent-debarbieux

Source : Institut Pasteur 

Sauf que… et bien le coronavirus n’est pas du tout un bactériophage. Donc il ne peut pas infecter les bactéries. Il s’agit donc bien d’une fake news.

Le coronavirus, il ressemble à ça (et pour rappel c’est un virus à ARN et non ADN) :Coronavirus_virion

Mais alors où est née cette rumeur ? Peut-être d’un étudiant indien qui aurait mis en ligne des informations concernant le coronavirus mais qui ne sembleraient pas fondées. A noter il ne s’agissait pas de publications scientifiques revues et validées (lire cet article étayé qui décortique les choses ).  En France, cette information aurait été reprise sur Twitter par un utilisateur, sous le pseudonyme BioMoon, se présentant comme professeur de SVT (l’est-il réellement ? sachant que n’importe qui peut créer un compte anonyme et prétendre qu’il est astrophysicien à la NASA). Cette théorie a été appuyée par beaucoup en disant que ce serait l’explication pour laquelle le traitement du Pr Raoult  qui utilise un antibiotique (qui s’attaque donc aux bactéries) fonctionne (tiens donc !). La fake news de l’infection des bactéries Prevotella par le virus circulant apparemment beaucoup en France, on peut se demander si toutefois manipulation de l’information il y a, si cela ne serait pas plutôt en ce sens, dans la mesure où cela sert la théorie du Pr Raoult ?

Sur le site pubmed, qui recense les publications scientifiques à travers le monde, je n’ai rien trouvé à ce sujet (mais à noter que les délais de validation des publications sont longs, de plusieurs mois en général).

« L’état DOIT-il fournir des masques à tout le monde ?»

Alors je dirais que dans le milieu professionnel, il semble normal que l’employeur en fournisse et permette à ses employés de travailler dans des conditions correctes. Je suis d’accord également qu’il est bon que des masques soient fournis aux personnes aux revenus les plus modestes ou en situation de grande précarité. En revanche, pour une majorité d’entre nous (selon les données les plus récentes, le salaire médian mensuel en France est de 1789 euros nets en France (données 2016), ce qui signifie donc que 50% des actifs français touchent plus que ce montant), il devrait tout de même être envisageable d’acheter soi-même quelques masques en tissu à 6 euros (désormais vendus en pharmacie) sans grever le budget (et au pire on s’y met soi-même. Rappel du tuto   et du patron (utiliser la page 4 pour le masque à pli, en taille réelle).

Et d’ailleurs en parlant de masques, un petit rappel sur les bonnes pratiques (ayant vu dans la rue de nombreuses personnes le porter de façon totalement inefficace) :

  • le porter uniquement sur la bouche sans recouvrir le nez ne sert à rien ! De même le menton doit être recouvert également.
  • on voit aussi beaucoup de personnes circuler avec le masque baissé sur le menton ou le cou (en le relevant sans doute lorsqu’elles arrivent dans des lieux où elles pensent que c’est nécessaire). Là aussi, c’est le risque de se contaminer bêtement. Imaginez, lorsque vous portiez correctement votre masque, quelqu’un en parlant vous a postillonné dans le cou. Vous baissez ensuite votre masque et allez mettre l’intérieur du masque en contact avec les postillons. Ce même intérieur du masque qui va être ensuite directement en contact avec votre bouche lorsque vous le remettrez en place !
  • une fois le masque en place, on ne le touche plus sauf à avoir pu se laver les mains avant.
  • lorsque l’on retire son masque, on ne touche pas la face externe (potentiellement contaminée) et on le met au lavage (si tissu) ou le jette (si masque médical) directement (et bien sûr on se lave les mains tout de suite après !)

masques consignes

Et la naturopathie dans tout cela ?

Début mars, lorsque l’épidémie a pris de l’ampleur en France, il m’est apparu souhaitable de stimuler le système immunitaire, afin de permettre à l’organisme de mieux se défendre naturellement. Cependant, aujourd’hui avec du recul, et notamment la description chez les cas graves de ces « orages de cytokines » (en clair un emballement du système immunitaire), il est donc plus sage de parler de soutien du système immunitaire (faire en sorte qu’il fonctionne bien, que ce soit via l’alimentation, la gestion du stress, le sommeil ou un peu d’exercice physique, relire les conseils ici) que véritablement une stimulation du système immunitaire (avec des plantes comme l’échinacée par exemple. On peut aussi s’interroger sur le ginseng ou l’éleuthérocoque, même si celles-ci sont plus considérées comme des plantes adaptogènes). A mon sens, il est peut-être plus prudent d’éviter la prise de ces plantes.

Pour conclure, on voit que le sujet est loin d’être simple, qu’on en apprend et découvre tous les jours sur ce virus, et qu’il faut rester prudent sur les conclusions hâtives qui pourraient être tirées, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut crier au loup et penser forcément que l’on dissimule des choses !

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