Spondylarthrite ankylosante, ayurvéda et naturopathie

Aujourd’hui, Bio et Naturo a un invité, Arpit, qui témoigne de la façon dont l’ayurvéda et la naturopathie lui ont permis d’endiguer une maladie invalidante : la spondylarthrite ankylosante.

Pour commencer brièvement un petit topo sur cette maladie : la spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale, qui apparaît majoritairement chez les hommes jeunes, et touche surtout la colonne vertébrale, le bas du dos et les articulations sacro-iliaques. Elle toucherait 0,3 % de la population française, soit environ 300 000 personnes.

Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique, d’origine auto-immune (le système immunitaire attaque les articulations). Son évolution est lente mais elle peut être très handicapante par les douleurs et la perte de mobilité qu’elle engendre (à terme cela peut aller jusqu’à la soudure entre deux vertèbres), d’où le terme d’ankylosante. Le diagnostic est difficile dans la mesure où il n’existe pas de test spécifique. Le diagnostic se fait donc sur la base des symptômes ressentis et de certaines analyses sanguines non spécifiques (marqueurs d’inflammation notamment).

 

  • Arpit, peux-tu nous dire à quel moment la maladie a-t-elle été diagnostiquée ?

D’origine indienne, j’ai grandi en Inde et je suis arrivé en France à l’âge de 25 ans pour un échange universitaire. J’ai déclaré la maladie un peu plus tard à l’âge de 28 ans, soit il y a 6 ans maintenant. Je travaillais alors dans le secteur banques-assurances.

  • Comment la maladie se manifestait-elle chez toi ?

J’avais des douleurs très importantes au niveau du dos, qui m’empêchaient de dormir la nuit.  J’avais parfois seulement 2 ou 3 heures de sommeil par nuit et étais obligé de prendre des douches chaudes pour soulager la douleur. Ces symptômes sont apparus juste après que j’aie déclaré la varicelle (NDLR : certaines études indiquent qu’il pourrait y avoir une composante virale à l’apparition de maladies auto-immunes, ici le virus de la varicelle pourrait avoir joué un rôle dans le déclenchement de la maladie). J’étais en permanence très fatigué, avec une sensation de fébrilité, sans qu’il n’y ait effectivement de fièvre. Il y avait également de fréquents maux de tête. Mais il est vrai qu’enfant, j’avais également assez souvent des douleurs articulaires, aux genoux notamment. Je traitais alors la douleur avec des anti-douleurs et des anti-inflammatoires.

  • Comment a été diagnostiquée la maladie ?

A l’apparition de ces fortes douleurs persistantes, j’ai fait beaucoup de tests et analyses différents, qui n’avaient alors pas permis d’identifier l’origine des troubles. Les médecins m’ont alors prescrit de fortes doses d’anti-douleurs et d’anti-inflammatoires.

Ce n’est qu’un an plus tard, lors d’une simple visite à la médecine du travail que le médecin a pensé à cette maladie et m’a demandé de faire un test de génotypage pour rechercher l’antigène HLA b27 (NDLR : cet antigène est associé à la spondylarthrite, même s’il s’agit plus d’une prédisposition. En effet, si les personnes atteintes sont quasiment toutes HLA b27 positives, toutes celles qui sont HLA b27 positives ne déclarent pas forcément la maladie) (vous nous suivez, on ne vous a pas encore perdus ??). Les analyses ont révélé que j’étais positif au HLA b27. C’est seulement à ce moment que l’on a mis des mots…  sur mes maux, confirmés par les analyses IRM.

  • Cette maladie a aussi une forte composante génétique…

Oui, d’ailleurs dans ma famille, mon père, mes oncles et certains cousins présentaient les mêmes symptômes (NDLR : la maladie est 2 à 3 fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes) sans que l’on ait forcément mis un nom dessus. Depuis, la maladie a officiellement été diagnostiquée chez mon père également.

  • Une fois la maladie diagnostiquée, comment a-t-elle été prise en charge ?

Le traitement allopathique prescrit par le rhumatologue a consisté en de fortes doses d’anti-inflammatoires, qui m’ont un peu soulagé au début, avant de devenir de moins en moins efficaces. Au bout d’un an, le rhumatologue m’a alors conseillé les anti-TNF alpha (NDLR : le TNF-alpha (Tumor Necrosis factor) est une cytokine jouant un rôle important dans les défenses immunitaires avec notamment des propriétés anti-tumorales. Pour rester simple, lorsqu’il y a une lésion ou une infection, le TNF-alpha active l’inflammation pour défendre l’organisme. Ainsi, lorsque le système immunitaire fonctionne correctement, le TNF-a possède une action positive et protège l’organisme. En revanche lorsque le TNF-alpha est produit en trop grande quantité, la réaction inflammatoire flambe. Les anti-TNF-alpha vont donc neutraliser cette interleukine et « calmer » la réaction inflammatoire). Ce traitement est accordé à peu de patients et est très coûteux (environ 12 000 euros par an et par patient). Je n’ai finalement pas accepté ce nouveau traitement.

  • Comment as-tu géré les choses à cette période ?

Cela a coïncidé avec des vacances en Inde, où le hasard a fait que lors d’une simple visite chez un ORL, ce dernier m’a dit qu’il existait dans la médecine ayurvédique un traitement pour la spondylarthrite. J’ai alors commencé à me documenter, et j’ai consulté un médecin ayurvédique.

  • En quoi a consisté l’approche ?

En tout premier lieu, les changements ont concerné l’alimentation. J’avais alors une alimentation assez peu équilibrée : je mangeais beaucoup de féculents, de produits industriels, assez souvent de la viande, des matières grasses de mauvaise qualité… Je me suis remis à manger beaucoup de fruits et légumes, j’ai réduit les sucres rapides et les sucres lents, diminué au maximum la viande, notamment la viande rouge, réintroduit des huiles de qualité…

J’ai aussi pratiqué régulièrement des monodiètes ou du jeûne intermittent (une journée par semaine), ainsi que des jeûnes plus longs (1 semaine une fois par an). Le jeûne est assez présent dans la culture indienne, à chaque changement de saison : soit jeûne hydrique (i.e. juste de l’eau), ou mono-diètes.

J’ai aussi réappris à manger en conscience. Au final, j’ai perdu plus de 10 à 15 kilos (sans réel surpoids antérieur) mais je me sens bien aujourd’hui à ce poids qui doit être mon poids de forme. Je ne ressens plus aucune fatigue.

Lorsque j’ai découvert un peu plus tard la naturopathie, je me suis rendu compte que la plupart des principes rejoignaient ceux de l’ayurvéda (NDLR : je vous disais justement dans cet article que la naturopathie puisait ses fondements entre autres dans la médecine ayurvédique ! Vous pouvez également consulter cet autre article précisant les cas de figure où l’approche naturopathique peut être utile)

  • Et au-delà de l’alimentation ?

J’ai fait également beaucoup de yoga, avec beaucoup de postures inversées : Sirsasana, Sarvangasana (la chandelle), Halasana (la charrue)…  (on dit que ces postures inversées sont bonnes pour l’équilibre et le système nerveux et lymphatique, elles soulagent également le dos).

Sirsasana_Head_stand_Yogic_Pose_Asana
Sirsasana c’est ça, on est d’accord, pas accessible à tout le monde, en tout cas de suite ! *

J’ai beaucoup pratiqué le Prayanama (exercices de respiration consciente retrouvés dans le yoga), ainsi que la méditation vipassana (méditation en pleine conscience).

J’ai fait aussi des massages ayurvédiques avec des huiles chaudes et des herbes (en Inde). Je me suis mis à la natation, qui m’a aussi beaucoup aidé à soulager les maux de dos.

Et enfin, j’ai changé mon activité professionnelle. De salarié dans le secteur banques-assurances, je suis passé en free-lance, toujours dans le même domaine, mais cela m’a permis de moduler mon temps de travail, de voyager et me former par ailleurs.

  • Quels ont été les effets de ces changements de tes habitudes au quotidien ?

Dès la mise en place de toutes ces mesures, j’ai constaté une amélioration des symptômes. Cela m’a permis de réduire les médicaments allopathiques pour les remplacer par des solutions naturelles.

  • Qu’entends-tu par solutions naturelles ? 

J’ai aussi pris des plantes ayurvédiques : l’ashwagandha (une planta adaptogène dont on consomme la racine et à laquelle on attribue de nombreux bénéfices) et le triphala (une formule à base de trois fruits des arbres : Haritaki,  bhitaki et amalaki). Pendant un an, j’ai pris ces deux plante/formule tous les jours. L’ashwagandha a remplacé mes anti-douleurs allopathiques, et lorsque les douleurs ont commencé à régresser j’ai pu réduire progressivement les doses.

  •  Et donc aujourd’hui ?

Et bien les douleurs ont totalement disparu. Je ne prends plus aucun médicament anti-douleur ou anti-inflammatoire ni allopathique ni naturel. Ma fatigue a également disparu, de même que les maux de tête. Je me sens en forme, et fait plus incroyable, mon dernier IRM il y a 6 mois a montré qu’il n’y avait plus trace d’inflammation au niveau des articulations et de la colonne. Les traces de la maladie ont donc disparu !

 

Arpit est aujourd’hui naturopathe, formé à l’ISUPNAT et certifié par la FENA. Il donne également des cours de yoga et pratique des massages ayurvédiques. Plus d’infos sur https://naturo-ayurveda-yoga.com. Un grand merci à Arpit pour ce témoignage !

 

*A noter que dans le yoga iyengar, la pratique avec des accessoires (sangles ou supports) facilite la réalisation des postures inversées.  

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3 commentaires sur “Spondylarthrite ankylosante, ayurvéda et naturopathie

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  1. Bonjour. Je viens tout juste de lire votre article qui m’a redonné de l’espoir en ce qui concerne cette maladie . C’est ma fille âgée de 30 ans qui a développé la maladie il y a environ 6ans. Elle a déjà expérimenté plusieurs traitements du style Embrel et d’autres et la maladie s’aggrave sans compter des effets secondaires de ces médicaments (psoriasis). Découragée elle décide de tout arrêter et je ne sais quoi faire.
    Au vue des résultats obtenus pouvez-vous me dire comment contacter Me Arpit . Ma fille vit en région parisienne.
    Je vous remercie encore pour votre article en espérant avoir de vos nouvelles.
    Cordialement.
    Onesime

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