La micronutrition, un outil pointu complémentaire à la naturopathie

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui m’a pas mal occupée durant cette année 2022. J’ai suivi durant toute l’année un cursus universitaire de micronutrition : le DUE MAPS (Diplôme Universitaire Européen de Micronutrition, Alimentation, Prévention et Santé), à la faculté de médecine Paris Descartes.

Le fait est que lorsque j’ai parlé de ce cursus autour de moi, on m’a souvent posé la question « Mais c’est quoi au juste la micronutrition ? ». Il paraît donc utile de vous expliquer en quoi consiste l’approche, et comment elle intervient de façon parfaitement complémentaire à la naturopathie.

J’avais décidé de me lancer dans cette formation en premier lieu par intérêt intellectuel, et car il est toujours bon de ne pas rester sur ses acquis. Au final, j’ai trouvé l’ensemble des cours passionnants, et surtout, j’ai été à nouveau à de nombreuses reprises émerveillée de voir combien l’organisme repose sur une mécanique fantastique (je vous en parlais déjà ici, dans cette présentation).

La nutrition, ou macronutrition, porte en général principalement sur les macronutriments (glucides, lipides, protéines…). La micronutrition, elle, va s’intéresser aux apports en micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments, antioxydants, certains acides gras spécifiques…) et à leur rôle dans le maintien de l’équilibre de l’organisme.

A qui est ouvert ce cursus ? Aux médecins (généralistes et spécialistes), pharmaciens, ostéopathes et kinés, diététiciens, et au cas par cas à d’autres professions (dans mon cas, c’est sans doute mon doctorat en Sciences des Aliments qui m’a permis d’y accéder).

Les enseignants : médecins (généralistes ou spécialistes), pharmaciens, spécialisés en micronutrition.

Si j’avais quelques appréhensions avant le début des cours, craignant un peu un enseignement de la diététique à l’ancienne, j’ai été rassurée dès les premières heures, car on a d’emblée parlé d’approche globale (ou « holistique ») et de prévention santé. Ce qui rejoint les fondements mêmes de la naturopathie.

L’objectif est, tout comme en naturopathie :  

  • en prévention, de guider en termes d’alimentation (et supplémentation si besoin) afin de rester en bonne santé,
  • ou lorsqu’il existe certains dysfonctionnements, de comprendre leur origine et de revenir à l’équilibre, là aussi en travaillant sur l’alimentation, et la supplémentation si nécessaire.

Mais là où c’est intéressant, c’est que la micronutrition va bien plus loin que la naturopathie. Si en naturopathie, on obtient souvent de bons résultats avec la mise en place d’ajustements dans l’hygiène de vie au global (alimentation, gestion du stress et des émotions, activité physique en premier lieu), on travaille essentiellement « à l’aveugle », en se basant sur l’anamnèse (entretien détaillé où le consultant répond à de nombreuses questions sur son hygiène de vie, ses antécédents médicaux, les troubles qu’il peut éprouver, etc…). La micronutrition permet, elle, d’avoir une approche plus pointue, car au-delà de l’anamnèse (qui sera tout aussi détaillée qu’en naturopathie), elle va se baser sur les résultats d’analyses biologiques (analyses sanguines, analyses urinaires, composition ou fonctionnement du microbiote…). En naturopathie, on travaille donc en faisant des hypothèses sur les causes des dysfonctionnements, alors que l’approche en micronutrition sera plus factuelle, en s’appuyant sur les résultats de ces analyses (ce qui me plait bien à moi, biochimiste à la base, car la biochimie ment rarement 🙂

Ainsi j’aurais envie de comparer la micronutrition à un travail d’orfèvre, qui va permettre, sur la base des résultats des analyses appropriées, d’aller rétablir l’équilibre en apportant spécifiquement les micronutriments nécessaires.

Par ailleurs, les points communs avec la naturopathie sont finalement assez nombreux :

  • c’est donc également une approche préventive, comme évoqué plus haut
  • en cas de dysfonctionnements, l’objectif n’est pas de masquer les symptômes, mais de faire en sorte que l’organisme revienne à l’équilibre, en lui apportant ce qu’il faut via l’alimentation et la supplémentation (tout en prenant en compte également la gestion du stress, ainsi que l’activité physique et/ou sportive).
  • C’est une approche personnalisée : pas de protocole générique. Chacun est différent, avec ses antécédents, ses prédispositions, son mode de vie. L’approche micronutritionnelle sera donc adaptée au cas par cas, tout comme en naturopathie.
  • Tout comme la naturopathie, elle ne s’oppose pas à la médecine allopathique (conventionnelle) mais intervient en complément, l’objectif étant de travailler de pair (donc là aussi, si l’on vous donne comme conseil, en micronutrition, d’arrêter vos traitements médicamenteux, fuyez ! Toute modification des traitements en cours ne peut se faire qu’avec l’accord de votre médecin).
  • Tout comme la naturopathie, la micronutrition peut être appliquée à tous les âges (enfance, adolescence, adulte, seniors…) et toutes les périodes de la vie (périnatalité, sport intensif…).

Pourquoi certaines analyses peuvent être utiles ? Car cela va permettre d’évaluer objectivement les causes potentielles des dysfonctionnements. Cela va permettre aussi de gagner beaucoup de temps et de ne mettre des choses en place à l’aveugle (prenons le cas très basique du fer : il est important de se supplémenter (compléments à base de fer) uniquement lorsqu’une carence en fer est avérée, car apporté en excès, le fer peut être délétère car pro-oxydant).

Pourquoi il sera tout de même fréquent d’avoir recours à la supplémentation en plus du rééquilibrage alimentaire ? En partie car le fait est que la qualité nutritionnelle des aliments s’est aujourd’hui fortement amoindrie versus il y a quelques décennies (cultures à contre-saison, en serres chauffées, en absence de soleils, sols appauvris… etc.).

Les champs d’application de la micronutrition, au-delà de la prévention santé, sont nombreux :

  • Troubles digestifs (troubles gastriques ou intestinaux, intolérances alimentaires, déséquilibres de microbiote, hyperperméabilité intestinale…).
  • Troubles de l’humeur (potentiellement liés à un déséquilibre de neurotransmetteurs, ou manque de certains micronutriments) et troubles du sommeil
  • Prévention des maladies cardiovasculaires et du syndrome métabolique
  • Gestion du poids (dans les cas de surpoids, exploration de toutes les causes potentielles, en ne se focalisant pas uniquement sur l’alimentation).
  • Nutrition du sportif (prévention du stress oxydant, amélioration des performances…)
  • Vieillissement et maladies dégénératives…

Et bien d’autres encore.

Après des cours passionnants tout au long de l’année, un bûchage intense en prévision des examens, le diplôme est en poche et je suis heureuse de vous proposer désormais des consultations en micronutrition au cabinet ou en visio (prise de RV ici sur Doctolib pour quelque temps encore).  

A noter que j’ai personnellement fait mon mémoire sur l’approche micronutritionnelle en accompagnement de pathologies auto-immunes comme la maladie de Crohn.

Au plaisir de vous accompagner 🙂

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