Les FODMAPs décryptés

Peut-être n’avez-vous jamais entendu ce terme, ou bien en avez-vous entendu parler sans bien savoir ce dont il s’agissait. En tous les cas, si vous souffrez régulièrement de maux de ventre ou si votre médecin vous a affublé de l’étiquette «intestin irritable » cela pourrait bien vous intéresser.

Le SII (Syndrome de l’Intestin Irritable, ou colopathie fonctionnelle) peut se manifester de diverses façons : douleurs abdominales, ballonnements, gaz importants et parfois nauséabonds, diarrhée ou constipation, parfois en alternance, nausées, et même fatigue… Le SII peut mener la vie dure aux personnes qui en sont atteintes. Il toucherait 1 personne sur 5 mais les causes restent floues, des facteurs autres qu’alimentaires (stress notamment, déséquilibre de flore intestinale…) jouant sans doute un rôle dans son apparition. De fait les  médecins sont souvent démunis face à cela et préconisent le plus souvent des antispasmodiques ou produits pour réguler le transit.

Dans le cas où vous souffrez de ces désagréments, que tout autre cause grave a été écartée, que vos analyses sanguines n’ont pas révélé d’intolérance au gluten (maladie coeliaque), alors le régime FODMAPs peut peut-être contribuer à diminuer les symptômes.  Et qu’on se le dise une bonne fois pour toute car la confusion existe souvent, la maladie coeliaque n’est pas une allergie au gluten mais bien une intolérance, elle ne met pas en jeu les mêmes mécanismes immunitaires, plus d’informations sur le site de l’Association Française des Intolérants au Gluten.

Alors qu’entend-on par FODMAPs ? C’est l’acronyme anglais pour « Fermentescible Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols », autrement dit les sucres, qui non digérés et absorbés dans l’intestin grêle, vont arriver dans le colon où ils vont être fermentés par les bactéries de notre flore intestinale, ce qui va potentiellement causer tous les désagréments cités ci-dessus. Qui dit fermentation dit production de gaz, et donc distension des intestins et de l’abdomen. Nos intestins étant riches en terminaisons nerveuses, on comprend donc aisément les douleurs. Dès lors, une alimentation pauvre en FODMAPs va permettre de réduire les symptômes.

Dans le cas où l’on réagit aux FODMAPs, on ne va pas forcément réagir à tous ! Il est donc important d’identifier quels sont ceux qui vous posent problème. Parmi les FODMAPs, on distingue :

  • Les oligosaccharides (fructanes, galacto-oligosaccharides…) présents dans de nombreux fruits, légumes, céréales, légumineuses et dans certains fruits à coque.
  • Les disaccharides (lactose essentiellement, dans les produits laitiers)
  • Les monosaccharides (fructose, dans les fruits surtout)
  • Les polyols (certains fruits ou légumes, mais aussi produits manufacturés car utilisés comme édulcorants dans les chewing-gums notamment, ou dans les produits allégés en sucres).

Il serait ici fastidieux de lister les aliments problématiques dans chacun des cas. Le livre « Le programme FODMAPs » des Dr Sue Sheperd et Peter Gibson explique en détail les aliments riches/pauvres en chacun des FODMAPs. Le livre propose également un certain nombres de recettes et menus types pauvres en FODMAPs. Selon une étude menée par leurs soins, 80% des personnes atteintes du SII et ayant testé ce programme alimentaire ont vu leurs symptômes diminuer.

Les points négatifs de ce programme (à mon sens) :

  • Le programme se focalise sur les FODMAPs mais de façon générale n’est pas forcément équilibré d’un point de vue nutritionnel et encore moins naturopathique !
  • Une tendance à recommander un peu trop un report sur des produits à base de riz ou maïs (galettes, pains, chips) qui ont un index glycémique plus élevé (pour le riz s’il est blanc).
  • Je sais que la plupart cherchent des choses faciles à mettre en place mais est-il vraiment besoin de recommander des produits tels que la Vache qui Rit, Babybel ou Toastinette ( ??? sérieusement ? à croire qu’ils ont eu un sponsor par BEL 😉
  • De façon générale, des recommandations allant vers des produits industriels alors que lorsque l’alimentation est problématique (les personnes allergiques sont bien placées pour le savoir) il est amplement préférable de préparer ses aliments soi-même !
  • Ceci dit, les auteurs étant australiens, les recommandations cadrent sans doute avec leurs habitudes culturelles (les menus types pour une semaine prévoient dans 75% des cas un sandwiche le midi ! alors qu’il est sans doute plus aisé et sain de préparer une salade en évitant les aliments problématiques).

En conclusion, un ouvrage assez didactique dans son introduction, qui explique la problématique de façon assez claire pour un large public. Des choses intéressantes à piocher mais un programme certainement pas à appliquer à la lettre en l’état !

Attention, si vos symptômes sont récents, en cas de présence de sang dans les selles, de perte importante de poids ou d’antécédents familiaux de cancer colo-rectal , il est recommandé de consulter un médecin qui réalisera les examens qui permettront d’écarter toute pathologie plus sévère.

 

 

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