Les vertus du curcuma

Le curcuma, de son petit nom latin Curcuma longa, est une plante herbacée tropicale à rhizomes, originaire d’Inde et d’Asie. Le curcuma est d’ailleurs utilisé traditionnellement dans la médecine ayurvédique (médecine indienne). C’est bien plus récemment que l’occident s’est intéressé à cette plante, et depuis les années 2000, on recense des centaines de publications scientifiques à son sujet. 

Il fait partie de la famille des Zingibéracées (famille qui regroupe également son petit cousin le gingembre (avec qui il se marie d’ailleurs très bien !), la cardamome…). On utilise son rhizome, que l’on récolte une fois que les parties aériennes de la plante sont fanées, 8 à 10 mois environ après la mise en culture (ceci vaut sans doute pour les régions tropicales, j’ignore si ceci est valable sous nos contrées !). Ci-dessus une fleur de curcuma (à part le rhizome, on ne connait ici pas grand chose de la plante ! je découvre d’ailleurs sa fleur avec vous !)

Je suis née et ai grandi en Lorraine… alors autant vous dire que les épices, à la maison, on les utilisait peu (la Lorraine ne devait pas être sur la route des épices !).

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Ah et bien non, la carte le confirme, la Lorraine n’était pas sur la route des épices ! 😉

A part le poivre, pas grand-chose de très oriental. Seuls les aromates faisaient partie des habitudes culinaires. Ce n’est qu’à l’âge adulte je dirais, que l’horizon culinaire s’est élargi, au travers des rencontres avec des amis d’autres cultures. Les épices font aujourd’hui partie du quotidien, et plus encore, j’aurais du mal à m’en passer.

Currys, colombos, masalas…

Le curcuma fait généralement partie des composants du curry par exemple (avec selon les recettes, cumin, coriandre, moutarde, cannelle, muscade, piment, poivre, cardamome, gingembre, ail…). Il y a sans doute autant de recettes de currys que de préparateurs de currys. 😉  Et pourtant, le curcuma, utilisé seul, est loin d’être ma saveur préférée. Lui, je l’utilise pour ses vertus. Et celles qu’on lui attribue sont nombreuses. Plus qu’une épice, c’est aussi une plante médicinale. Le curcuma contient de nombreux composés actifs, dont plus d’une douzaine de composés phénoliques (composés souvent dotés de propriétés antioxydantes). Parmi eux, la curcumine, qui donne sa couleur jaune orangée au curcuma. A noter que cette curcumine, également utilisée comme colorant, peut-être désignée par E100 dans les formulations alimentaires (ceci pour rappeler au passage que la présence de EXXX dans une liste d’ingrédients ne signifie pas forcément quelque chose de négatif, car parmi les additifs classifiés E, un certain nombre sont d’origine naturelle).

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Mais revenons à ses vertus…

  • C’est avant tout un puissant antioxydant. Grâce à la curcumine, il protège des méfaits des radicaux libres (lutte contre le stress oxydatif). Il assure également une protection contre la peroxydation des lipides.
  • Propriétés anti-inflammatoires : aussi bien sur des inflammations aigues que chroniques (je vous épargne les mécanismes d’action mais si cela vous intéresse, je peux vous les communiquer par ailleurs).
  • Amélioration du bilan lipidique : Certaines études indiquent des bénéfices sur le bilan lipidique (augmentation du HDL cholestérol (1) (HDL-cholestérol souvent appelé « bon » cholestérol, bien que l’on remette aujourd’hui en cause cette classification, cf cet article sur le mythe du cholestérol et des statines).
  • On lui attribue également des vertus anti-cancéreuses (je reste néanmoins toujours prudente vis-à-vis de ce genre d’assertions).
    • Son intérêt en tant qu’agent anti-cancéreux a été décrit in vitro (2), grâce à ses propriétés anti-radicalaires (sachant que les radicaux libres peuvent créer des altérations de notre ADN, avec des mutations qui peuvent potentiellement être à l’origine de cancers (pour résumer les choses très schématiquement)). La curcumine inhiberait aussi la croissance des cellules tumorales en favorisant leur apoptose (mort cellulaire) (3). Dans d’autres publications, on évoque la capacité de la curcumine à neutraliser les radicaux libres et l’oxyde nitrique (qui serait impliqué dans l’inflammation et le cancer) (4). D’autres études parlent de la capacité à inhiber la prolifération des cellules cancéreuses, car elle interférerait avec certaines protéines de signalisation, impliquées dans le cycle cellulaire et la croissance de la cellule (5).
    • Chez l’animal, des bénéfices ont été mis en évidence chez la souris (6).
    • En revanche, chez l’Homme, pour l’heure toujours pas de preuves formelles d’efficacité. Ceci serait dû notamment à un manque de biodisponibilité (la curcumine passerait peu la muqueuse intestinale pour se retrouver dans la circulation sanguine). Ce qui soulève la question de l’assimilation sur laquelle on reviendra plus bas.
  • Action sur le foie et la vésicule biliaire : cholagogue (favorise la production de bile par le foie) et cholérétique (favorise l’excrétion de bile par la vésicule biliaire) (prudence chez les personnes ayant des calculs biliaires).
  • Hépato-protecteur
  • Antispasmodique
  • Antimicrobien, antifongique, antiparasitaire

Attention, aux fortes doses, le curcuma peut interférer avec les anticoagulants (il a des propriétés fluidifiantes).

En vertu de tout ceci, dans quels cas peut-il être intéressant ?

  • Toutes les pathologies à caractère inflammatoire (arthrite, rhumatismes, douleurs musculaires ou articulaires, tendinites…).
  • Les troubles digestifs : hyperacidité au niveau de l’estomac, dyspepsie, ballonnements, lourdeurs après le repas…
  • En prévention pour une bonne santé cardiovasculaire ou santé générale.

Alors comment l’utiliser ?

Il est possible d’utiliser la poudre de curcuma, extraite du rhizome, ou le rhizome lui-même (à la maison, nous utilisons les deux) : un demi-rhizome émincé dans des légumes, ou un rhizome dans un jus de légumes à la centrifugeuse (ou extracteur). Quant à la poudre, je l’ajoute en cuisine à de nombreux plats chauds au cours de la cuisson (je trouve son goût moins marqué que le rhizome), ou encore dans le lait d’or, dont je vous parlais sur facebook hier.

Quant au manque d’assimilation de la curcumine, les avis divergent. Certains affirment que la pipérine (principe actif du poivre) est nécessaire à son assimilation (ce qui explique que beaucoup de jus de curcuma commerciaux intègrent de la pipérine (non recommandée en cas d’ulcère ou sensibilité de l’estomac)). D’autres que son assimilation ne se fait bien qu’en présence de lipides (dans le doute, ajoutez un peu d’huile végétale à vos préparations culinaires). Certains laboratoires de compléments alimentaires ont ainsi développé des compléments à base de curcumine encapsulée dans des liposomes (micelles de lipides), supposés faciliter le passage du principe actif à travers de la muqueuse intestinale.

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  1. Wang S, Chen B, Sun C (2000) Regulation effect of curcumin on blood lipids and antioxidation in hyperlipidemia rats. Wei Sheng Yan Jiu 29(4): 240–2
  2. Surh Y-J,et al. (2000) Inhibitory effects of curcumin and capsaicin on phenol ester-induced activation of eukaryotic transcription factor, NF-kB and AP-1. Biofactors 12: 107–112
  3. Miquel J, Bernd A, Sempere JM,et al. (2002) The curcuma antioxidants: pharmacological effects and prospects for future clinical use (A review). Arch Gerontol Geriatr 34(1): 37–46
  4. Garcea G, Jones DJ, Singh R,et al. (2004) Detection of curcumin and its metabolites in hepatic tissue and portal blood of patients following oral administration. Br J Cancer 90(5): 1011–5
  5. Scapagnini G, Foresti R, Calabrese V,et al. (2002) Caffeic acid phenethyl ester and curcumin: a novel class of heme oxygenase-1 inducers. Mol Pharmacol 61(3): 554–61
  6. Jagetia GC, Rajanikant GK (2004) Effect of curcumin on radiationimpaired healing of excisional wounds in mice. J Wound Care 13(3): 107–9

 

 

 

 

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