« La Santé dans l’assiette »

Dimanche fut presque une journée thématique pour moi. Après avoir animé le matin un café poussette dans ma ville, autour du sujet « comment aborder l’hiver d’un bon pied et booster son immunité », visant à se préserver au maximum des maux hivernaux, j’ai eu la chance d’assister l’après-midi à une conférence du Pr. Joyeux : « La Santé dans l’assiette », dans le cadre du Festival Atmosphères dans la ville voisine. Et c’est également d’immunité dont il fut question.

Le Professeur Joyeux, médecin, chirurgien cancérologue, conférencier et auteur de nombreux ouvrages, est bien connu des naturopathes, ou par toutes les personnes qui s’intéressent à la prévention santé (et aux sujets qui peuvent fâcher ?). 😉

Il est notamment connu pour ses prises de position, entre autres sur les vaccins (pour rappel, il n’est pas contre le principe de la vaccination, qui a largement démontré son intérêt, mais contre les adjuvants qui y sont utilisés, et notamment l’aluminium). C’est même ce qui a causé sa radiation de l’ordre des médecins en 2016, avant l’annulation par la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins de cette radiation en juin dernier.

« L’assiette est à la base de notre santé immunitaire »

Le ton a été donné d’emblée : « l’assiette est à la base de notre santé immunitaire ». Notre système n’est pas aussi performant toute notre vie (i.e. très petite enfance ou seniors), le tout est de l’entretenir, et cela passe avant tout par l’alimentation.

Comme il l’a rappelé, l’immunité du tout petit commence à se bâtir dès la naissance, sauf césarienne, car le bébé né par voie naturelle acquiert au passage le microbiote (vaginal) de sa maman. Puis, si idéalement, la maman l’allaite, elle va lui faire bénéficier de sa propre immunité, via les anticorps passant dans le lait maternel. Le schéma idéal selon lui (je souligne idéal car tout le monde n’est pas en mesure ou n’a pas le souhait d’allaiter) serait 6 mois d’allaitement exclusif, puis pendant l’année qui suit, matin et soir. A 18 mois, son système immunitaire étant mature, l’enfant peut être vacciné.

Le système immunitaire se construit à 70% via le microbiote digestif. Or ce microbiote, comment le nourrit-on ? via les fibres végétales (qui jouent le rôle de PREbiotiques !).

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La part belle aux végétaux

Ainsi, le végétal devrait occuper une place prépondérante dans notre assiette, alors que l’erreur dans notre alimentation occidentale est d’accorder une place beaucoup trop importante aux produits d’origine animale.

Mais alors que penser des vegan (ou végétaliens, bien que le terme vegan englobe d’autres considérations éthiques hors alimentation) : ce type d’alimentation lui semble extrême, même si  les personnes adoptant ce régime alimentaire ont en effet des réserves de certaines vitamines pour 1 à 2 ans voire plus, et ne verront pas d’effets néfastes pendant cette période (je partage tout à fait ce point de vue). Certes, vous trouverez toujours quelqu’un qui pourra témoigner « je suis vegan depuis 5 ans et je suis en parfaite santé ! ». Certes. Mais ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Et force est de constater un nombre non négligeable de personnes ayant adopté ce régime alimentaire, revenant en arrière après 1 an et demi à deux ans car des problèmes sont apparus.

Et le végétal, c’est dès le petit déjeuner ! Et ce dès l’enfance ! On remplace les céréales du petit déjeuner, d’ailleurs souvent beaucoup trop riches en sucres et en matières grasses, par un ou des fruits frais de saison. Et un œuf à la coque ! aaaaah l’œuf à la coque ! je vous ai déjà parlé de l’œuf à la coque ? Non ? Alors parlons de l’œuf à la coque ! Trève de plaisanterie, je n’ai recommencé à manger des œufs à la coque que très récemment, pendant mon cursus de naturopathie. Moi qui avais quasiment supprimé les œufs de mon alimentation, pour cause d’hypercholestérolémie (soit disant), découverte à l’adolescence. Donc l’œuf à la coque est hyper intéressant au plan nutritionnel (mais le jaune doit rester liquide, d’où la coque) : source de vitamine D, de lipides qualitatifs, et de protéines.

Concernant les produits dérivés de soja (tofu, yaourts, crème de soja, etc), il est catégoriquement contre, partant du principe que les procédés de transformation utilisés en occident ne permettent pas d’inactiver les phytoestrogènes, qui peuvent également favoriser l’apparition de certains cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate) (NDLR : personnellement je n’arrive toujours pas à me faire une idée claire sur le sujet, les avis étant très contradictoires). 

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Et les produits animaux ?

La viande, oui, mais de qualité, et pas tous les jours ! (vous vous en porterez mieux, et la planète aussi !)

Quant aux produits laitiers, un vaste sujet en soi. Le Pr. Joyeux a souligné que l’un des principaux problèmes du lait est les facteurs de croissance qu’il contient (EGF, IGF, TGF…), qui sont faits pour favoriser la croissance du veau (qui va prendre beaucoup de poids en peu de temps) et non de l’humain. Or, de nombreuses études tendent à montrer que ces facteurs de croissance en trop grande quantité favoriseraient l’apparition de certains cancers.

Par le passé, le lait était mis à bouillir pendant un bon moment avant d’être consommé, et les facteurs de croissance étaient détruits par la chaleur. Aujourd’hui, le lait est le plus souvent traité par UHT (Ultra Haute Température). NDLR : L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a pourtant conclu en 2012 que l’IGF-1 par exemple n’était plus détecté dans le lait ayant subi un traitement UHT. Mais il y aurait néanmoins un effet favorisant dans certains cancers. Les données cliniques sur l’impact de la consommation de produits laitiers et l’incidence du cancer sont assez hétérogènes et contradictoires). Une chose est sûre, c’est que les excès doivent être évités (et que le calcium d’origine végétale est tout aussi intéressant). Les produits laitiers à base de lait des petits animaux (yaourts et fromages de chèvre ou de brebis) seront à favoriser.

Et les poissons dans tout ça ? et oui, car les poissons d’eau de mer sont pour la plupart contaminés en métaux lourds (merci la pollution des océans). La version du Pr. Joyeux (sans doute le seul moment où j’ai tiqué) est que la cuisson à la vapeur douce permettrait d’éliminer en grande partie les métaux lourds (sauf que, en tant que biochimiste, je me dois de souligner que la plupart des métaux lourds sont solubles dans les graisses et non solubles dans l’eau. On imagine donc mal que les métaux lourds puissent être entraînés par la vapeur). Professeur Joyeux, j’espère juste que vos amitiés avec Madame Marion (Kaplan) et son vitaliseur n’y sont pour rien ! 😉

La variété dans l’assiette est aussi importante (pour stimuler ses sens : odorat, goût…). La perte de l’odorat et du goût est d’ailleurs l’un des premiers symptômes dans certaines maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer.

Ma-sti-quez !

Il a été rappelé également que la mastication est primordiale, non seulement pour que les signaux de satiété aient le temps de se mettre en place, mais aussi car des aliments insuffisamment prédigérés dans la bouche vont solliciter beaucoup plus l’estomac (qui va devoir produire beaucoup plus d’acide chlorhydrique (avec tous les problèmes que cela peut causer)) ainsi que le pancréas et l’intestin.

Un point d’attention également sur l’instinctothérapie (qui consiste à manger les aliments uniquement crus et non transformés), citant l’un de ses amis décédé d’un cancer du pancréas métastasé au foie, car son alimentation exclusivement crue avait sans doute sursollicité son pancréas (je n’ai pas de recul personnellement sur ce sujet et peut-être son ami est-il un cas isolé, mais là aussi une chose est sûre, c’est que l’alimentation crue n’est pas faite pour tout le monde ! si tel est le cas, vous vous en rendrez vite compte avec d’importants troubles digestifs et intestinaux).

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Et ne pas oublier :

Une bonne oxygénation (via l’exercice physique ou les techniques respiratoires).

De bonnes éliminations, via l’activité physique également, qui va faire travailler davantage tous les émonctoires (filtration via le foie et le rein, car le sang circule plus, éliminations accrues via les poumons) et faire transpirer davantage (élimination de toxines). La transpiration pouvant également être obtenue via des techniques passives comme le sauna.

« Etre acteur de sa santé »

Tiens donc, ce ne serait pas un des leitmotiv de la naturopathie ?

Il a conclu en disant que l’avenir de la médecine était la prévention. Il a également souligné que son objectif était, au-delà de sa pratique de médecine, de transmettre… tout comme le naturopathe 🙂

 

 

 

 

2 commentaires sur “« La Santé dans l’assiette »

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